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12 février 2014

Alimentation olympienne : ce que vous ne savez peut-être pas

par Stéphanie Côté dans

Actualités

S’il y a un sujet d’actualité ces temps-ci, c’est bien les Jeux Olympiques. J’aurais aimé parler des commandites de bouffe – et malbouffe – derrière un grand nombre d’athlètes, mais la journaliste Marie Allard la fait, et très bien fait, dans La Presse. J’ai donc opté pour des faits nutritionnels qui impressionnent.

 

Derrière chaque performance qui nous éblouit et qui nous fait pleurer (dites-le donc!), il y a d’innombrables heures d’entraînements bien sûr, mais aussi une alimentation exemplaire. Le choix des aliments et des boissons, le moment pour les prendre, leurs quantités et même leur température sont réfléchis et soigneusement calculés. Rien n’est laissé au hasard.

Saviez-vous que…

 

Ski de fond : numéro 1 des calories dépensées et la discipline aux 40 tranches de pain par jour

Pendant une course de 50 km, la plus longue épreuve en ski de fond, un fondeur dépense environ

2000 Calories. C’est autant de calories qu’un homme adulte en dépense au cours d’une journée de 24 heures. Et là, on parle « seulement » d’une course.

 

Glisser sur des skis, ça l’air facile quand on regarde les fondeurs. Pourtant, ils en dépensent de l’énergie pour déployer cette puissance.  Le ski de fond est un des sports où la demande énergétique est la plus grande, c'est-à-dire qui exige (et qui brûle) le plus de calories. C’est ainsi parce qu’il fait travailler l’ensemble des muscles et parce qu’on le pratique par temps froid.

 

Les journées d’entraînement sont encore plus exigeantes que les compétitions parce qu’elles durent plus longtemps. La demande énergétique est parfois si élevée que les athlètes ont l’impression de devoir manger presque continuellement tout au long de la journée pour arriver à combler leurs besoins. Beau problème, n’est-ce pas? Cependant, comme l’entraînement à haute intensité a tendance à réduire l’appétit, ils doivent même parfois se forcer un peu pour manger suffisamment.

 

Le principal carburant des athlètes d’endurance comme les fondeurs sont les glucides. En période d’entraînement, ils peuvent en avoir besoin de 750 g par jour. C’est l’équivalent de plus de 40 tranches de pain. Bref, manger fait partie de la discipline!

 

Passe-moi la gourde pis j’vais compter des buts!

Les sports d’hiver, qu’ils se pratiquent à l’intérieur ou à l’extérieur, occasionnent de grandes pertes de liquides par la respiration et la transpiration. Même s’il fait froid, il fait chaud sous la tuque ou le casque!

 

Par exemple, un joueur (ou une joueuse) de hockey peut perdre plus de 2 litres de liquides pendant un match. Visualisez le contentant de 2 L de jus ou de lait dans votre frigo… c’est ça!

 

L’hydratation constitue un enjeu capital pour de bonnes performances, peu importe le sport. Les athlètes doivent être bien hydratés avant l’épreuve et maintenir leur hydratation pendant, si la durée l’exige. Un faible état de déshydratation peut avoir des conséquences importantes sur la performance. Une déshydratation d’à peine 1-2% (le seuil de la soif) entraîne une diminution de la capacité physique de 10%. Ça peut faire la différence entre des fractions de secondes de plus ou de moins. Ça peut même faire la différence entre une médaille ou non.

 

Une boisson pour sportifs TIÈDE svp

Quand il fait froid, on ne ressent pas autant la soif que lorsqu’il fait chaud. On a aussi moins envie de boire. C’est pareil pour les athlètes. Mais puisqu’une hydratation optimale est nécessaire à une performance optimale, il faut trouver des solutions pour boire suffisamment. Une de ces solutions, ce sont les boissons tièdes. En ski de fond par exemple, les athlètes boivent des boissons pour sportifs qui sont environ à température corporelle. Un membre de l’équipe technique ou un entraîneur les attend sur le parcours avec leur boisson favorite gardée à la bonne température dans un thermos. Il la verse dans une gourde à la dernière minute pour ne pas qu’elle refroidisse. C’est d’autant plus important que certains athlètes souffrent de crampes lorsqu’ils boivent une boisson froide. On ne niaise pas avec ça!

 

Patinage de vitesse : une journée à grignoter

Les horaires de compétition en patinage de vitesse compliquent la planification alimentaire parce que les patineurs sont appelés à faire plus d'une course dans une journée. Alors que la plupart des athlètes doivent avant tout gérer leur alimentation pré-compétition, les patineurs doivent également penser à leur alimentation post-compétition, puisque le « après » d’une course est le « avant » d’une autre course. Ils sont en mode récupération express!

 

Les patineurs mangent des collations et des boissons contenant des glucides (sucres) immédiatement après chaque épreuve. C’est important de ne pas tarder, car c’est immédiatement après la course que le corps absorbe le plus rapidement et efficacement les nutriments pour renflouer les réserves de glycogène et redonner de l’énergie aux muscles.

 

À cause de la nervosité et de l’intensité des efforts, plusieurs patineurs n’ont pas d’appétit. C’est pourquoi ils boivent plus qu’ils ne mangent. D’une pierre deux coups, ils comblent ainsi leurs besoins en énergie et en liquides. Pour être bien tolérées – pour ne pas qu’elles leur « tombent sur le cœur » –, les boissons pour sportifs contiennent des sucres qui goûtent très peu le sucre.

Qu’ils mangent ou qu’ils boivent entre deux épreuves, les patineurs de vitesse le font en prenant des petites quantités à la fois, en fonction du délai qui les sépare de la prochaine course. Il faut éviter d’avoir l’estomac chargé. Le confort est essentiel.

 

Un rince-bouche de boisson pour sportif

Mieux connu sous le terme de mouth wash ou mouth rince, cette pratique consiste à prendre une gorgée de boisson sucrée, la déplacer dans la bouche et ensuite la recracher. Pour quoi faire? Il y aurait différents mécanismes en cause.

 

Le premier principe suggéré est que le sucre présent dans la bouche active des récepteurs spécifique reliés au centre du cerveau impliqué dans la motivation. Il contribuerait à diminuer la perception de l'effort et à repousser la fatigue.

 

Aussi, la présence des sucres dans la bouche annonce au corps l'ingestion d'aliments et celui-ci commence à agir comme s'il allait en recevoir. Il y a une légère hausse d'insuline dans le sang, ce qui améliore la mobilisation et maintien l'oxydation du glucose (bref, le carburant disponible).

 

Le « rince-bouche sucré » serait utile pour les sports d’endurance, dont le ski de fond. Il y a de plus en plus d’études sur le sujet et on en a encore beaucoup à prendre, mais les résultats semblent prometteurs.

 

La routine et rien d’autre

Les athlètes aiment les sensations fortes, l’adrénaline, et certains, le risque. Mais risquer d’être malade, de mal se sentir ou de ne pas tolérer un aliment, là, pas question!

 

Aux Jeux Olympiques, un athlète doit choisir des aliments qu’il apprécie et qu’il a l’habitude de manger. Il s’agit d’une règle de base en nutrition sportive : ne jamais rien essayer de nouveau en compétition. Il n’y a pas de chance à prendre, on y va avec ce qui a été testé et approuvé. À Sotchi, les athlètes ont accès à une très grande variété de nourriture. Tout pour se sentir comme à la maison. Mais dans le doute, ils peuvent apporter leurs propres réserves de certains aliments. Après tout, manger ne doit pas être un sport dangereux!