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23 septembre 2014

Bibitte à sucre, s’abstenir!

par Nathalie Jobin dans

Actualités

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Récemment, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC rendait publique une déclaration sur la consommation de sucres. Pour la première fois au Canada, un organisme ose statuer sur une limite de consommation de sucres ajoutés qui va dans le même sens que celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : ne pas consommer plus de 10 % de son énergie totale (en calories) en sucres et même de viser moins de 5 %. 

 

Les sucres dont on parle ici englobent les sucres qui sont ajoutés soit par :

  • le fabricant (le sucre contenu dans les aliments transformés.)
  • le cuisinier (le sucre des recettes qu’on fait à la maison ou de celles des restaurants, etc.)
  • le consommateur (le sucre qu’on ajoute dans le café, la confiture qu’on ajoute sur nos rôties, etc.). 

 

Dans cette catégorie, on trouve aussi les sucres présents naturellement dans le miel, le sirop d’érable, les sirops de fruits, le sirop de maïs, la mélasse, les purées et les jus de fruits (100% purs ou non).

 

Oui, vous avez bien lu, les « vrais » jus de fruits sont considérés comme des sucres ajoutés. Pourquoi ? Parce que le jus de fruits (autant la boisson que lorsqu’on l’utilise comme agent sucrant dans un aliment) a une valeur nutritive plus faible qu’un fruit frais et possède une concentration élevée en sucre. Les jus sont donc considérés comme des boissons sucrées, au même titre que les boissons gazeuses ou les boissons à base de fruits.

 

Cette inclusion des jus de fruits dans la catégorie des sucres ajoutés est nouvelle. À mon avis, c’est une excellente nouvelle ! Beaucoup de gens en boivent trop dans une journée. Ceci étant dit, le jus de fruits 100% pur ne devrait pas être éliminé totalement de notre alimentation mais on devrait limiter l'apport quotidien à 125ml-175ml pour les enfants et 250 ml pour les adultes.

 

La population canadienne consommerait environ 13% de l’apport calorique total sous forme de sucres ajoutés. Et ce chiffre n’inclut pas les jus et le sucre contenu dans le miel ou les sirops de fruits…

 

Chez nos jeunes ados (de 12 à 17 ans), le portrait semble être pire ! Selon l’Institut de la statistique du Québec :

  • Près du tiers des ados consomme habituellement des boissons sucrées, des grignotines ou des sucreries au moins une fois par jour ;
  • Le quart des jeunes consomment des boissons sucrées (gazeuses, à saveur de fruits, énergisantes ou pour sportifs) au minimum une fois par jour.

 

 

Concrètement, que représente le 10%?

 

Pour une personne qui consomme 2000 kcal par jour, 10% des calories représente environ 48 g de sucres ajoutés ou encore 13 c. à thé de sucre

 

Ce chiffre peut paraître élevé, mais voici un exemple pour démontrer à quel point c’est facile de dépasser les 48 g par jour de sucres ajoutés… et ce, même sans être une bibitte à sucre !

 

Déjeuner :

  • 12 g de sucre dans une portion de 30g de céréales à déjeuner sucrées ou 2 c. à thé de confiture
  • 23 g dans une tasse de jus d’orange

 

Collation

  • 10 g dans une barre de céréales du commerce

 

Dîner ou souper

  • 9 g pour deux biscuits fourrés à la crème ou un pouding à la vanille du commerce

 

TOTAL : 54 g de sucres ajoutés

 

Si vous ajoutez une boisson gazeuse à çette journée, le chiffre monte à 94 g de sucre! Et on ne compte même pas les bonbons et autres gâteries sucrées qui peuvent s’ajouter.

 

À part sa fonction d’apport en énergie, le sucre ne présente aucun autre bienfait nutritionnel. Les études sont nombreuses à associer les effets d’une consommation excessive de sucre à divers problèmes de santé, y compris les maladies du cœur, l’AVC, l’obésité, le diabète, l’hypercholestérolémie, le cancer et les caries dentaires. On a donc tous avantage et intérêt à réduire la quantité de sucres ajoutés dans son alimentation. 

 

Des exemples pour réduire la quantité de sucre dans son alimentation :

  • Préparer des repas avec des aliments de base frais
  • Cuisiner et améliorer ses compétences culinaires
  • Diminuer sa consommation d’aliments prêts à manger
  • Choisir des céréales à déjeuner peu sucrées
  • Réduire la quantité de sucre des plats préparés à la maison
  • Éviter les boissons les plus sucrées comme les boissons gazeuses, les boissons pour sportifs, les boissons à base de fruits.
  • Privilégier les fruits frais à la place des jus.

 

En faisant ce petit exercice mental pour estimer votre consommation de sucres ajoutés dans une journée, comment évaluez-vous votre niveau de bibitte à sucre ? Parmi les solutions proposées, laquelle est la plus réaliste pour vous ? 

 

Références:

 

Fondation des maladies du cœur et de l’AVC. LE sucre, les maladies du cœur et accidents vasculaires cérébraux. http://www.fmcoeur.com/site/c.ntJXJ8MMIqE/b.9201537/k.9E02/Le_sucre_les_maladies_du_c339ur_et_les_accidents_vasculaires_c233r233braux.htm

 

Brisbois TD, Marsden SL, Anderson GH, et coll. Estimated intakes and sources of total and added sugars in the Canadian diet. Nutrients 2014;6:1899-1912.

 

Organisation mondiale de la Santé. Consultation publique concernant le projet de lignes directrices de l'OMS sur les apports en sucre

http://www.who.int/mediacentre/news/notes/2014/consultation-sugar-guideline/fr/