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Les suppléments d’antioxydants sont-ils sécuritaires?
Depuis plusieurs décennies, un consensus semble se dégager selon lequel une consommation élevée en fruits, légumes et autres produits végétaux, comme les noix et les graines, protégerait contre des maladies attribuables au stress oxydatif, notamment les maladies cardiovasculaires , les accidents vasculaires cérébraux, la DMLA, et certains types de cancers.
Au cours des années 1980, les scientifiques ont suggéré que les antioxydants naturellement présents en grande quantité dans les aliments d’origine végétale pourraient neutraliser l’effet des radicaux libres, des composés pouvant entraîner d’importants désordres moléculaires. D’ailleurs, des études épidémiologiques suggèrent que les antioxydants jouent un rôle protecteur dans la prévention du cancer et d’autres maladies. De plus, plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que la prise de suppléments d’antioxydants pourrait protéger contre le développement de ces maladies. Les résultats de ces études donnent à penser que les antioxydants – tels les vitamines C et E et le bêta-carotène – pris sous forme de suppléments pourraient agir dans la prévention primaire de ces maladies.
Ces résultats ont suscité un véritable engouement pour les antioxydants, ce qui a donné lieu à une forte augmentation de la consommation de suppléments riches en vitamines et autres substances naturelles antioxydantes.
Toutefois, la prise de suppléments, particulièrement à fortes doses, pourrait avoir un effet négatif.
 | Les travaux dirigés par l’équipe de Wright et collaborateurs ont sans doute été les plus souvent cités : leurs résultats provenant de l’étude Alpha-Tocopherol, Beta-Carotene Cancer Prevention (ATBC) démontrent qu’une supplémentation en bêta-carotène est associée à un plus grand risque de cancer du poumon chez les fumeurs finlandais.
|  | Un supplément de vitamine E à des doses dépassant 400 UI par jour est associé à une faible hausse de la mortalité, toutes causes confondues. |
Par ailleurs, une équipe française a observé des résultats tout à fait différents avec des suppléments à faibles doses (respectant les apports recommandés et comparables aux quantités trouvées dans les aliments). En effet, cette étude clinique randomisée à double insu avec groupe témoin placebo a été effectuée auprès d’une population française composée d’hommes et de femmes âgés de 35 à 60 ans.
L’étude intitulée SU.VI.MAX a suivi pendant sept ans et demi près de 13 000 personnes qui prenaient quotidiennement un supplément d’antioxydants (120 mg de vitamine C, 30 mg de vitamine E, 6 mg de bêta-carotène, 100 mg de sélénium et 20 mg de zinc ou un placebo) sous forme de capsules. Les résultats démontrent que l'apport en antioxydants à faible dose réduit significativement (de près de 30 %) l’incidence des cancers et de la mortalité de toutes causes, mais seulement chez les hommes.
Les auteurs expliquent l’absence d’un effet protecteur chez les femmes par un effet seuil, c’est-à-dire que les femmes ayant déjà un niveau adéquat d’antioxydants grâce à leur alimentation, un ajout supplémentaire n’apporte pas de bénéfices. Les auteurs de SU.VI.MAX émettent l’hypothèse que les effets d’une supplémentation en antioxydants sur la prévention du cancer pourraient dépendre du taux initial d’antioxydants (qui varie selon l’état nutritionnel et le sexe) et de l’état de santé des individus (sujets en santé vs sujets à risque de cancer).
Toujours selon ces mêmes auteurs, une supplémentation pourrait être bénéfique chez des sujets en santé qui ne sont pas exposés à des risques de cancer et qui auraient de faibles taux d’antioxydants. À l’opposé, de fortes doses d’antioxydants pourraient être néfastes pour des individus asymptomatiques en phase pré cancer, et inefficaces chez des gens bien nourris ayant des taux d’antioxydants adéquats.
Ce qu’il faut retenir
Une alimentation riche en fruits, légumes et autres aliments d’origine végétale, comme les noix et les graines, semble constituer la recommandation la plus sécuritaire et la plus bénéfique à l’heure actuelle afin d’augmenter les apports en antioxydants.
La prise de suppléments à fortes doses, particulièrement de vitamines E et A et de bêta-carotène, peut être dommageable pour la santé des individus, notamment en ce qui concerne les fumeurs et le cancer du poumon (le bêta-carotène), ainsi que les personnes cardiaques ou diabétiques de 55 ans et plus et celles qui ont, ou ont déjà eu, un cancer (vitamine E). |
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Dernière mise à jour : 6 mai 2010
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