Des OGM... Pour quoi faire?
en collaboration avec Jean-François Laliberté, Ph. D.
Directeur du programme doctorat en virologie et immunologie, Institut national de la recherche scientifique (INRS)
Depuis toujours, l’homme a manipulé les plantes afin d’en améliorer les caractéristiques. Mais ce travail était long et limitait les avancées de l’agriculture. C’est alors que la modification génétique, ou transgénèse, a révolutionné le monde agricole…
En 2008, la superficie mondiale des cultures transgéniques a atteint 125 millions d'hectares, soit l’équivalent de 40% de la surface mondiale.
Ainsi, 97 % des cultures transgéniques ont été produites dans huit pays principaux : les États-Unis (50 % du total mondial), l'Argentine (16,8 %), le Brésil (12,6%), le Canada (6 %), l’Inde (6%), la Chine (3 %), le Paraguay (2,2%) et l’Afrique du Sud (1,4%).
Les cultures principales à l’échelle mondiale sont le soya, le coton, le canola, et le maĩs transgéniques.
Actuellement, deux propriétés agronomiques importantes ont été introduites dans ces cultures de céréales transgéniques.
1. La tolérance aux herbicides
Les rendements agricoles seraient grandement touchés si les mauvaises herbes n’étaient pas éliminées par l’application d’herbicides. Or, les mauvaises herbes ne sont pas les seules à être détruites par les pesticides, les plantes cultivées aussi!
Des chercheurs ont donc mis au point des plantes génétiquement modifiées (soya, maïs, canola et coton) capables d’inactiver l’action de certains herbicides. Ces cultures transgéniques ont été commercialisées sous le nom de « Roundup Ready » ou « Liberty Link ». Ainsi, ces plantes peuvent continuer de pousser normalement, alors que les mauvaises herbes disparaissent progressivement après l’épandage de l’herbicide.
Pour l’agriculteur, le contrôle des mauvaises herbes est nettement simplifié. La quantité globale d’herbicides utilisée n’en a pas moins diminué, mais l’environnement y gagne au change, car ces herbicides sont les moins nuisibles sur le marché!
2. La résistance aux insectes
Les insectes constituent un autre problème auquel l’agriculteur doit faire face.
Pour remédier à ce problème, les scientifiques se sont inspirés d’un insecticide « biologique », le Bt (Bacillus thuringiensis). Le Bt est une bactérie du sol qui entraîne la mort de certains insectes en produisant une toxine qui paralyse leur système digestif.
L’utilisation du Bt n’est pas récente. Cet insecticide est employé en agriculture biologique et dans la lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Le Bt comme insecticide biologique est avantageux, car il n’est pas toxique pour les animaux ni pour les humains. Il se dégrade également très rapidement dans l’environnement.
Les OGM Bt produisent dans leurs feuilles la protéine « destructrice ». Ainsi, les insectes qui grugent les feuilles de ces plantes ingèrent la toxine et meurent quelques jours plus tard. Et cette protéine n’est pas toxique pour les animaux ni pour les humains!
Au Canada, le maïs Bt est utilisé pour lutter contre la pyrale du maïs. Avant la venue du maïs Bt, l’agriculteur n’avait aucun moyen efficace de lutter contre cet agent ravageur. L’option la plus courante était de détruire les plantes infestées. Maintenant, le rendement est supérieur avec ce type d’OGM.
Autrefois détruites, les plantes infestées peuvent maintenant lutter contre les insectes ravageurs. Cependant, plusieurs s’inquiètent du phénomène de résistance aux insecticides, ce qui mettrait fin à l’utilisation du Bt en agriculture « biologique ». Des stratégies sont actuellement mises en place pour minimiser l’apparition de cette résistance, telles que la conservation d’au moins 20% de la superficie totale cultivée de maïs non Bt, permettant ainsi la gestion de la résistance possible des insectes.
La biotechnologie moderne offre aujourd’hui un outil puissant aux agriculteurs pour protéger leurs récoltes contre les insectes et les maladies et ainsi réduire les pertes. Et qui sait, peut-être pourrez-vous bientôt bénéficier aussi d’avantages nutritionnels! |
Dernière mise à jour :
8 octobre 2009
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