OGM : d’hier à aujourd’hui…
par Jean-François Laliberté, Ph. D.
Directeur du programme doctorat en virologie et immunologie, Institut national de la recherche scientifique (INRS)
Les plantes subissent des manipulations génétiques depuis le début de l’agriculture, soit depuis plus de 10 000 ans! Des champs aux laboratoires, Extenso revoit avec vous l’évolution de cette pratique souvent perçue comme« frankensteinesque »…
Dès les débuts de l’agriculture
Remarquant dans ses champs des plantes qui grandissaient plus vite, produisaient plus de semences ou étaient plus résistantes, un agriculteur décida un jour de ne ressemer que les graines de ces «super» plantes et de laisser de côté les moins performantes.
Pour la première fois de l’histoire, l’humain « sélectionnait » le bagage génétique le plus intéressant d’une plante pour le reproduire. C’est ainsi qu’est née la manipulation génétique.
De la sélection génétique aux croisements
Par la suite, les agriculteurs ont tenté de croiser toutes sortes de variétés de plantes entre elles afin de produire des espèces aux propriétés nouvelles. Aujourd’hui, ce type de sélection est effectué par des spécialistes, les sélectionneurs.
Ces manipulations sont longues et le développement d’un nouveau cultivar peut prendre jusqu’à 10 ans avant qu’il soit prêt à être mis sur le marché!
À force de croisements et de sélections, une panoplie de variétés végétales, mieux adaptées à leur environnement et à différents usages, ont été développées. Vous n’avez qu’à vous rendre au supermarché pour constater qu’il existe plusieurs types de pommes de terre, certaines se prêtant mieux à la friture, d’autres à la cuisson au four, etc.
Les agriculteurs ont donc modifié le bagage génétique des plantes qu’ils cultivent. Ces modifications génétiques ont passablement changé l’aspect des plantes « domestiquées » par rapport à celui de leurs cousines « sauvages ».
Une nouvelle génération de manipulations génétiques
L’agriculture moderne fait face à plusieurs nouveaux défis : nourrir une population en constante augmentation, être plus respectueuse de l’environnement et affronter les changements climatiques.
La barrière des espèces pose cependant une limite à l’amélioration génétique traditionnelle. Le croisement des plantes ne peut se faire qu’à l’intérieur d’une même espèce ou, à tout le moins, à l’intérieur d’espèces très apparentées. Ce qui veut dire que, si des propriétés intéressantes se retrouvent dans le blé (la résistance au froid, par exemple), ces propriétés ne peuvent pas être transférées au soya.
Cependant, les nouvelles connaissances en biologie moléculaire ont permis le transfert des gènes d’une espèce à une autre. Grâce à ces manipulations, la quantité de gènes disponibles pour améliorer les végétaux est décuplée! Il est donc maintenant possible d’envisager de transférer dans le soya certaines propriétés que l’on retrouve dans le blé.
L’universalité des gènes
Depuis une cinquantaine d’années, la biologie moléculaire a démontré que la structure et le mode de fonctionnement des gènes sont essentiellement les mêmes pour tous les êtres vivants.
La bactérie Eschericia coli, la mouche à vinaigre, la rose, la souris et l’être humain proviennent d’une même cellule – nous sommes tous « frères et sœurs ».
La barrière des espèces n’existe plus à l’échelle de la molécule. |
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Depuis des siècles, nous avons vécu sous la gouverne de l’agriculture traditionnelle. Maintenant, nous entrons dans l’ère de l’agriculture « moléculaire »… |
Dernière mise à jour :
8 octobre 2009
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