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Biberons et bouteilles pour sportifs: des plastiques dangereux?
Depuis quelques semaines, une nouvelle inquiétante circule dans les médias : certains plastiques utilisés, entre autres, pour les biberons libéreraient des bisphénols A (BPA), une substance qui serait potentiellement cancérigène. Extenso fait le point.
D’où viennent les BPA?
Le polycarbonate est un type de plastique transparent, rigide et léger qui affiche le code de recyclage 7. Le bisphénol A (BPA) est un des ingrédients du polycarbonate. Le BPA ferait partie des ingrédients chimiques synthétiques les plus utilisés dans l’industrie.
Les propriétés de ce plastique le rendent idéal pour la confection de nombreux articles de notre vie de tous les jours. On peut trouver des BPA dans les biberons, les bouteilles de sport (plastique rigide), des gobelets anti-fuites, des ustensiles en plastique, des résines de scellement dentaire et même dans le revêtement intérieur de certaines conserves d’aliments. Selon divers groupes de consommateurs, plus de 90 % des biberons en plastique vendus au pays sont composés de cette substance.
Des résultats inquiétants mais controversés
Ce qui inquiète certains scientifiques est le fait que le BPA serait un perturbateur endocrinien. En d’autres mots, le BPA pourrait tromper l’organisme en imitant ou en perturbant des hormones, dans ce cas-ci, les œstrogènes. Il pourrait donc, chez l’humain, entraîner des déséquilibres hormonaux. On les soupçonne également d’être impliqués dans les cancers du sein et de la prostate. D’ailleurs, en 1930, une étude s’est penchée sur le BPA en tant qu’œstrogène synthétique pour les femmes.
En août 2007, un groupe de scientifiques sonne l’alarme concernant les nombreux effets néfastes des faibles doses de BPA administrées à des animaux pendant leur développement ainsi qu’à l’âge adulte. Plusieurs de ces chercheurs ont effectué eux-mêmes des études sur cette substance chimique. Ils s’inquiètent du fait que les changements observés chez les animaux exposés au BPA pourraient être liés à l’augmentation des taux de cancer du sein et de la prostate, de diabète de type 2, d’obésité et des troubles de déficit de l’attention de même qu’à l’arrivée précoce de la puberté chez les jeunes filles.
En effet, des études récentes réalisées sur de jeunes animaux de laboratoire suggèrent que de très faibles doses (semblables au degré d’exposition dans le cas de l’humain) de bisphénol A peuvent
• affecter la production de sperme ;
• affecter la fertilité ;
• modifier de façon prolongée le développement des glandes mammaires ;
• apporter des changements durables à la prostate.
Formé en novembre de la même année, un deuxième groupe de scientifiques, pour la plupart des toxicologues, pharmacologistes et experts, s’est prononcé en désaccord avec la majorité des résultats obtenus par l’autre panel. Le désaccord repose principalement sur le fait que les études sur les animaux sont difficilement transférables à l’humain. En effet, dans la plupart des études, les animaux ont reçu des injections de BPA et cela ne correspond pas à la façon dont les humains sont exposés à cette substance.
| Toutefois, un point fait l’objet d’un accord entre les deux groupes de chercheurs : le BPA peut entraîner des perturbations neurologiques et comportementales chez les jeunes animaux. |
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