Enfants

Mon enfant est difficile

S’ils répondaient aux demandes spéciales de leur enfant, certains parents bâtiraient un menu autour des croquettes de poulet, du spaghetti… et encore des croquettes de poulet! Mais, autant pour leur santé que pour les aider à développer leurs goûts, ce genre de menu n’est pas souhaitable. Comment agir avec un enfant qui n’aime pas grand-chose?


Apprécier les aliments, ça s’apprend

Aimer les saveurs sucrées et salées est inné. Apprécier l’amer et l’acide découle d’un apprentissage. Plusieurs raisons expliquent les réticences que certains enfants manifestent devant de nouveaux aliments.
 

 

 

 

 

  • Il est naturel pour plusieurs enfants de d’abord rejeter un aliment nouveau (on appelle cela la « néophobie alimentaire ») et ensuite de l’apprivoiser à son rythme.
  • Les capteurs sensoriels présents dans la bouche des petits sont plus nombreux et plus sensibles que ceux des adultes. Cela rend leurs expériences gustatives plus intenses.
  • La capacité de mastication des jeunes enfants est limitée. Les textures représentent souvent un obstacle à leur appréciation de certains aliments granuleux, croquants ou fibreux.



Les enfants peuvent avoir besoin de 15 expositions à un nouvel aliment pour le manger et l’apprécier... et parfois même plus. Gardez espoir et continuez à présenter de nouveaux aliments à votre enfant. C’est à force de répétitions qu’un aliment devient familier Gardez en tête que les enfants ont tendance à aimer ce qu’ils connaissent.


Ingrédient clé : le plaisir

Le contexte dans lequel se fait une expérience alimentaire influence le fait que l’enfant veuille – ou non – la renouveler. Il doit donc être positif. 
 

  • Ne forcez pas. Contentez-vous de présenter les aliments et de proposer d’y goûter.
  • Dites à votre enfant qu’il s’agit d’un aliment « de grand » et qu’il est peut-être encore trop petit pour l’apprécier. Son intérêt risque de s’aiguiser!
  • Mangez vous-même les aliments méconnus, et manifestez votre appréciation. Prêchez par l’exemple!

 

Un seul menu

Pour « acheter la paix » et par souci qu’un enfant mange suffisamment, un parent pourrait être tenté de lui préparer un repas spécial. Cette solution – à court terme – est à éviter, car elle risque d’encourager son attitude réfractaire. À long terme, l’enfant pourrait devenir de plus en plus exigeant et difficile. Voici quelques « trucs » pour faciliter l’introduction de nouveaux aliments et agrémenter les découvertes :
 

  • Introduisez un seul aliment nouveau par repas, afin que l’enfant se sente en confiance et qu’il ait de quoi combler sa faim s’il n’aime pas « l’intrus »!
  • Impliquez votre enfant dans le choix et la préparation des repas. S’il a lui-même mis un nouveau légume dans le panier d’épicerie ou s’il a versé des ingrédients dans la recette, il sera fier et plus enclin à y goûter.
  • Garnissez son assiette d’au moins deux légumes différents afin qu’il sente qu’il a un choix… et un certain pouvoir!
  • Coupez le nouvel aliment en petites bouchées afin que l’enfant sache qu’il peut l’apprivoiser progressivement.
  • Évitez les collations moins de 2 heures avant le repas ; tout est meilleur quand on a vraiment faim.
  • Offrez-lui un dessert (une portion, pas 2 ou 3 cependant) même s’il ne vide pas son assiette. Évitez de présenter le dessert comme une récompense, car cela risque d’entretenir son opinion négative du plat principal.
  • Encouragez votre enfant, félicitez-le de ses efforts et évitez les critiques et les punitions en lien avec les aliments.

 

 

Équilibrer les repas

Le dessert peut être l’occasion de compléter un repas mal équilibré. Si votre enfant n’a pas mangé ses légumes, servez une salade de fruits frais et colorés pour dessert. S’il a refusé sa viande, pensez au yogourt, à un verre de lait ou à une mousse au tofu pour lui fournir des protéines. S’il a laissé ses pâtes alimentaires ou son riz intacts, un muffin maison sera le « représentant » des produits céréaliers. S’il est prévu, le dessert doit être servi à l’enfant, peu importe ce qu’il a mangé (ou non) du plat principal.  

Les enfants sont parfois imprévisibles. Ils peuvent aimer un aliment une journée et refuser d’en manger quelques jours plus tard. Ne mettez pas trop de pression sur votre petite « girouette » et continuez d’offrir un menu varié. Les habitudes alimentaires auxquelles il aura été exposé dans sa tendre enfance l’influenceront toute sa vie. 
 

 

 

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