Le dialogue du granola

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Pour célébrer le mois de la nutrition, qui est sans l’ombre d’un doute, le mois où tous les nutritionnistes du monde* se réveillent en chantant le refrain de la chanson du film Lego, je vous présente une discussion** à bâtons rompus que j’ai eue avec une connaissance***, Stéphanie Côté (aussi nutritionniste chez Extenso), à propos du granola.

– Stéphanie, tu es une adepte de granola. Pourquoi?

– Pour plein de raisons, la première étant que j’aime quand ça croque. Des trucs semi-croquants, très peu pour moi. J’ai encore toutes mes dents et je ne suis pas prête à manger juste du mou. Ça me prend de la résistance quand je mange du yogourt. La deuxième étant que j’ai des goûts précis en matière de granola et j’étais toujours déçue de ceux du commerce.

– Ah oui, as-tu essayé celui aux graines de citrouille de la compagnie dont je ne me rappelle plus le nom? Je pense qu’il se vend dans un sac ou une boîte. Il paraît qu’il est bien bon.

– Non et ta question manque de précision.

(Silence)

– Toujours aussi sympathique Stéphanie. Troisième raison?

– Le granola se prépare bien à la maison, s’emporte facilement ce qui me permet de bien manger de 9 à 5.

– Est-ce que tu viens tout juste de faire une plogue pour le mois de la Nutrition dont le thème cette année est Bien manger de 9 à 5?

– Oui, tout comme toi.

– Touché.

– Bref, je poursuis sur l’aspect pratique du granola, plus précisément sur sa facilité à être transporté. Le granola est relativement léger comme aliment. Il se glisse bien dans mes poches et ne me déséquilibre pas trop quand je cours après l’autobus que je viens de rater. Pour mes longues sorties à l’extérieur, que ce soit en vélo, en ski de fond ou lorsque je cours dans le bois, le granola demeure une bonne collation à prendre. J’en prends une poignée et je continue sans presque m’arrêter.

– Si tu dis que tu ne t’arrêtes pas pour en manger, tu dois en échapper un peu par terre, non? Le granola est loin d’avoir remporté la médaille d’or de la cohésivité aux derniers Jeux Alimentaires…

– En effet, il est arrivé en 28e place. Mais si mon granola tombe à terre, dans le pire des cas, il nourrit la faune.

– T’es au courant qu’il y a une surpopulation de chevreuils et que la dernière chose dont ils ont besoin c’est de la nourriture donnée par des humains?

– Bon, ce n’est pas parce que t’écoutes une émission de Chasse et Pêche à la télé communautaire que ça fait de toi un expert en faune.

– (Soupir) Pour éviter de laisser des traces de granola à travers le Québec, comment le transportes-tu? Est-ce qu’on peut penser le mettre dans un contenant quelconque?

– Oui. Un petit contenant hermétique ou un sac à fermeture hermétique font le travail. Ainsi, on peut l’amener avec nous n’importe où et il reste croquant.

– Parfait, c’est ce qu’on souhaite. Maintenant, ton granola, tu le manges avec quoi?

– Je l’ajoute à tout plein de choses comme dans des yogourts de différentes saveurs, dans mes bols de céréales, dans mes salades de fruits, d…

– dans, je sais ce que tu vas dire et corrige-moi si je me trompe, des bols de céréales avec des fruits et du yogourt?

– (Soupir) Ouin, ok. Peu importe. On peut aussi le mettre en garniture sur des plats comme d…

– … du pâté chinois.

(Silence)

– Non. T’es bizarre. J’allais dire des salades dans lesquelles on souhaite avoir un petit côté croquant et sucré.

– Ah. Parlons maintenant ingrédients. Ton granola, tu le fais avec quoi?

– Alors, je commence toujours avec des flocons d’avoine à cuisson longue, c’est-à-dire les gros flocons. J’ajoute des noix et des graines de mon choix, un gras qui goûte bon comme du beurre ou de l’huile de coco, un peu de sucré avec du sirop d’érable, du miel ou de la cassonade, des épices comme de la cannelle ou de la cardamome et une pincée de sel. Je mélange tout ça dans un bol, puis je le transfère sur une plaque à biscuits. Ça cuit au milieu du four à 300 °F pendant 30 minutes et je brasse le granola à mi-cuisson. Après la cuisson, j’ajoute les fruits séchés.

– Même si ça a l’air bien bon, tout ça manque un peu de précisions. Tu n’aurais pas plutôt une recette à partager.

– Tu m’as demandé les ingrédients, tu n’as pas parlé des quantités.

– Mais t’as une recette ou est-ce que tu y vas à l’aveugle?

– J’ai une recette. (Recette présentée plus bas)

– Merci. Finalement, du côté nutritif, qu’est-ce que ça dit?

– C’est vraiment nutritif, car on peut y ajouter toutes sortes de grains entiers, de noix et de fruits séchés. Une bonne dose de glucides et de fibres, un peu de protéines et de bon gras. En fait, c’est comme de la dynamite en petites graines pour le corps et le tube digestif.

– C’est une drôle de métaphore. Est-ce qu’elle provient d’une vieille pub de All-Bran?

– Non, je viens de l’inventer.

– Ah. Bon, j’ai tout ce qu’il me faut, je te laisse à ton dumpster diving.


Recette exceptionnelle de granola

1 L de flocons d’avoine (les gros)
375 ml de noix et graines (amandes, pacanes, graines de citrouille, noix de coco râpée)
60 ml de beurre fondu ou d’huile de noix de coco
125 ml de miel ou sirop d’érable
250 ml de fruits séchés (canneberges séchées, raisins secs, abricots séchés)
10 ml de cannelle ou de cardamome

Mélanger tous les ingrédients, sauf les fruits séchés dans un bol. Étendre sur une plaque à biscuit et cuire au milieu d’un four à 300°F pendant 30 minutes environ, en brassant le granola après 15 minutes. Ajouter les fruits séchés, mélanger et laisser refroidir. Conserver dans un contenant hermétique qui fera en sorte que vous ne laisserez pas tomber de petites miettes en forêt ou sur votre clavier d’ordinateur au moment de la consommation du granola.


NDLR – Note de la rédaction

  • Philippe Grand est le seul nutritionniste que nous connaissons à se réveiller avec cette chanson.
  • ** Le terme « discussion » porte à croire que Stéphanie Côté a réellement participé à cet échange. C’est faux. Elle a refusé et Philippe Grand a dû inventer un dialogue de toutes pièces.
  • *** Philippe Grand avait écrit « amie », mais à la demande de Stéphanie Côté, le terme fut remplacé par un terme plus neutre, soit « connaissance ». Notons que Stéphanie Côté et Philippe Grand partagent le même local de bureau depuis plus de 5 ans.

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