Maladies cardiovasculaires

Les effets du cholestérol sur le coeur

Tout le monde le sait : trop de cholestérol dans le sang augmente les risques de développer une maladie du cœur. Mais saviez-vous que près de 80 % du cholestérol circulant dans le sang est produit par votre foie? Extenso vous dévoile tout sur les effets du cholestérol sur le cœur…

 

Quand les artères se bloquent…

Le cholestérol sanguin est une des matières grasses transportées dans le sang. C’est un matériau de base des cellules du corps et il est nécessaire à la production des hormones stéroïdiennes.

Toutefois, lorsque le cholestérol est en trop grande quantité dans le sang, il s’accumule dans les artères créant ainsi une plaque le long des parois. Ces conduits se rétrécissent et se bloquent alors graduellement jusqu’à empêcher la bonne circulation du sang à travers le corps, phénomène que l’on nomme l’athérosclérose.


Le sang transporte l’oxygène et les éléments nutritifs aux cellules du corps. Ne pouvant plus circuler adéquatement, le cœur travaille plus fort et se fatigue. Les cellules sous-alimentées et privées d’oxygène meurent. C’est à ce moment qu’apparaît l’insuffisance cardiaque, l’accident vasculaire cérébral ou l’infarctus du myocarde.

 

Au Canada, 80 % des maladies du cœur pourraient être évitées par une alimentation équilibrée et une vie active et sans fumée. 
 
Et parmi les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, au moins trois peuvent être reliés à l’alimentation :
  • le taux élevé de gras dans le sang (hyperlipidémie),
  • l’accumulation de graisse au niveau du ventre (obésité abdominale),
  • et une faible consommation de légumes et de fruits.

 

 

Doit-on bannir le cholestérol de notre alimentation?

Pas nécessairement. Contrairement à la croyance populaire, le cholestérol provenant des aliments n’a pas beaucoup d’influence sur le cholestérol circulant dans le sang pour la plupart des gens. Toutefois, les personnes qui présentent un taux élevé de cholestérol dans le sang issu de leur bagage génétique (hypercholestérolémie familiale) doivent toutefois réduire leur consommation de cholestérol alimentaire. Si c’est votre cas, consultez une nutritionniste. Elle vous aidera à modifier votre alimentation adéquatement.

Ce sont plutôt deux types de gras qui sont responsables de l’augmentation du cholestérol dans le sang : les gras saturés et les gras trans. Consommés en trop grande quantité, ces gras augmentent la production, par le foie, du mauvais transporteur de cholestérol, communément appelé le « mauvais cholestérol » (LDL). Ce sont ces gras qui s’accumulent dans les artères et bloquent la circulation sanguine.

Les gras saturés sont principalement retrouvés dans la viande rouge, les charcuteries et les produits laitiers à haute teneur en gras. Les gras trans sont présents dans les produits transformés qui utilisent les shortening, et sont également présents dans les margarines partiellement hydrogénées, certains biscuits et desserts commerciaux, craquelins, produits de boulangerie du supermarché, croustilles et frites surgelées, ainsi que dans certains aliments de restauration rapide. Ceci s’explique par le fait qu’au Canada, aucune règlementation n’oblige l’industrie agroalimentaire à éliminer complètement les gras trans, malgré le fait que de nombreuses organisations de santé publique reconnaissent les effets néfastes pour la santé associés à ce type de matières grasses produites de façon industrielle.

 

On peut également retrouver des gras saturés de façon naturelle dans les produits laitiers. Toutefois, selon plusieurs études épidémiologiques prospectives et méta-analyses, ce type de gras, contrairement à celui produit de façon industrielle, ne serait pas autant associé à une augmentation du risque cardiaque. Ceci s’expliquerait, entre autres, par le fait que la consommation de certains produits laitiers serait associée à une augmentation du « mauvais cholestérol » (LDL), mais également du « bon cholestérol » (HDL) sanguin. Certains chercheurs avancent également que la consommation d’aliments riches en calcium pourrait augmenter l’excrétion fécale de matières grasses. Toutefois, à l’heure actuelle, la littérature scientifique ne confirme pas cette hypothèse. Par ailleurs, peu d’études se sont attardées à observer spécifiquement l’effet de la consommation de produits laitiers riches en gras (crème, fromage dur, beurre, crème glacée, etc.) sur le risque cardiaque. Ainsi, de plus amples études d’intervention à long terme sont nécessaires afin d’élucider la question.

 

Vers un environnement alimentaire sans gras trans?
 
Depuis le début des années 2000, plusieurs pays de l’Union européenne, notamment l’Autriche, le Danemark, la Hongrie, l’Islande, la Norvège et la Suisse ont imposé des restrictions concernant les gras trans.  Le pionnier, le Danemark, a ainsi connu dans les dernières années une baisse de la consommation de ces acides gras néfastes pour le cœur au sein de sa population, qui explique en partie l’importante diminution de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires dans cette région.
 
Plus récemment, la Food and Drug Administration (FDA), l’agence de règlementation américaine des aliments et médicaments, a annoncé en 2015 que les gras trans artificiels seront bannis des produits alimentaires transformés vendus aux États-Unis d’ici 2018. Bref, il n’est pas improbable que de telles mesures surviennent au Canada dans les années à venir, mais pour l’instant, la lecture des étiquettes nutritionnelles demeure la clé pour faire des choix sensés.

 

 

Qu’est-ce qu’on mange, maintenant?

Si certains gras augmentent la production de cholestérol s’accumulant dans le sang et bloquant les artères, d’autres types de gras contribuent à « nettoyer » vos artères de ces dépôts de cholestérol. C’est le « bon cholestérol » (HDL), produit à partir des gras provenant des huiles, des noix, des graines et du poisson.

Pour garder un cœur en santé, il faut donc remplacer une grande partie des gras saturés et trans par des gras monoinsaturés ou polyinsaturés. Voici 10 astuces pour y parvenir :

 

  • Remplacer 2 à 3 repas de viande par semaine par du poisson. Les gras oméga-3 retrouvés dans le saumon, la truite, le thon, le hareng et le maquereau contribuent à réduire la quantité de cholestérol circulant dans le sang.

  • Intégrer les légumineuses (fèves et haricots secs, lentilles et pois secs), le tofu, le tempeh et les noix à son menu. Le soya (tofu ou tempeh) et les noix et graines (de lin et de chia surtout) contiennent de bons gras, dont des gras oméga-3 ainsi que de multiples vitamines et minéraux. Les légumineuses sont faibles en matières grasses et riches en fibres, en vitamines et minéraux.

  • Choisir des coupes de viandes maigres sans la peau, une partie particulièrement riche en gras saturés, dégraisser les bouillons et parer la viande (enlever le gras visible qui est de couleur blanchâtre).

  • Rechercher les mentions « sans gras trans » ou « non hydrogéné », qui indiquent que le produit contient peu de gras saturés et trans.

  • Préférer l’huile d’olive, de canola ou la margarine non hydrogénée au beurre ou à la margarine hydrogénée, lorsque possible. Consommer de 30 à 45 ml (2 à 3 c. à table) de ces lipides insaturés chaque jour afin d’augmenter son « bon cholestérol sanguin » (HDL).

  • Opter pour des fromages renfermant moins de 20 % de matières grasses.

  • Diminuer sa consommation de produits transformés et d’aliments de restauration, qui sont souvent riches en gras, en sucres et en sel.

  • Favoriser les aliments frais et entiers ainsi que les mets et produits de boulangerie cuisinés à la maison.

  • Savourer et découvrir les multiples variétés de légumes, de fruits entiers et de produits céréaliers à grains entiers. Leurs fibres et antioxydants contribuent à diminuer la quantité de cholestérol dans le sang et à se protéger contre les maladies du cœur.

  • Réduire sa consommation de boissons sucrées et de sucre ajouté et privilégier l’eau pour s’hydrater.

 

Certains types d’alimentation, telle la diète de type méditérranéenne, qui privilégie la consommation de fruits et légumes, de poisson et d’huile d’olive et qui limite la consommation d’aliments d’origine animale semble également être bénéfique pour la santé du cœur. À cet effet, l’étude de Lyon Diet Heart (n=605) a démontré que les personnes ayant survécu à un premier infarctus du myocarde et qui avaient suivi une telle diète par la suite avaient 73 % moins de risque de vivre un deuxième épisode d’infarctus ou de mourir de maladies cardiaques comparativement au groupe contrôle, malgré le fait que leurs taux de cholestérol sanguin étaient similaires.
 

Toutefois, l’alimentation seule n’est pas un gage de succès. Pour mettre toutes les chances de votre côté afin de réduire vos risques de développer une maladie du cœur, bougez, relaxez et laissez tomber la cigarette!
 

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