Cancer

Les tomates aident à prévenir le cancer de la prostate

Valeur de l'affirmation : 1
0 : Non fondée
1 : Peu probable
2 : Probable
3 : Fondée

 

 

 

 

 

La tomate regorge d’éléments nutritifs, comme des vitamines, des minéraux et des fibres. Les scientifiques ont également découvert, il y a quelques années, le lycopène, un puissant antioxydant retrouvé en abondance dans la tomate et les produits à base de tomates, mais aussi dans les fraises et le melon d’eau.  

L'hypothèse a été avancée que le lycopène serait un puissant antioxydant pouvant réduire le risque de cancer (notamment du cancer de la prostate). Toutefois, deux récentes analyses de la littérature arrivent à la conclusion qu’il est actuellement impossible de supporter ou de réfuter l’utilisation du lycopène pour la prévention ou le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate ou du cancer de la prostate. Voyons-y de plus près.

 

Du lycopène à faire rougir!
Le lycopène est le pigment qui donne à la tomate sa couleur rouge. Cet antioxydant fait partie de la famille des caroténoïdes, au même titre que le bêta-carotène. Le corps absorbe plus facilement le lycopène contenu dans les tomates transformées en jus, en sauce ou en concentré. 

 

 

 

En tête du palmarès…


Au Canada en 2012, le cancer de la prostate est le type de cancer le plus répandu chez les hommes. Un homme sur 7 risque de développer le cancer de la prostate au cours de sa vie et un sur 28 en mourra.

 

Selon des études d’observation, des apports élevés en lycopène alimentaire seraient associés à des faibles risques de cancer de la prostate.  Mais qu’en est-il vraiment?

 

De la sauce tomate en prévention?
La plupart des études d’observation suggèrent qu’une consommation élevée de tomates (particulièrement les tomates transformées en jus, en sauce et en concentrés) pourrait jouer un rôle dans la prévention du cancer de la prostate. Toutefois, ces résultats positifs n’ont pas été observés par toutes les études. Par exemple, en 2006, une étude menée auprès de 29 000 hommes américains a remis ces résultats en question. Aucune association n’a été observée entre la consommation de lycopène ou de produits dérivés de la tomate et le risque de cancer de la prostate.

Rappelons que les études d’observation font état d’associations observées entre l’alimentation d’un groupe de participants et le nombre de cas de cancer de la prostate à la fin de l’étude. Il est donc difficile de savoir avec certitude si cette association est due au lycopène ou à un autre facteur comme la consommation de légumes, l’activité physique, le poids ou le stress.

Au cours des dernières années, des études cliniques ont mesuré avec plus de précision l’effet du lycopène dans la diète, soit en comparant des personnes ne consommant pas de lycopène avec des personnes qui en consomment de plus grandes quantités. . Les résultats de ces études (dites randomisées contrôlées) nous permettent de mieux statuer sur le rôle du lycopène dans le cancer de la prostate ou de l’hypertrophie bénigne de la prostate.

 

Voici les conclusions de deux groupes de chercheurs qui ont regroupé et analysé les résultats de toutes les recherches cliniques publiées sur le sujet :

 

  1. La méthodologie des études est très hétérogène, ce qui rend l’interprétation des résultats difficile;
  2. Une supplémentation de lycopène allant de 15mg à 30 mg par jour n’a pas démontré d’effets significatifs sur l’incidence de cancer ou d’hypertrophie bénigne de la prostate;
  3.  Deux études ont montré qu’une supplémentation en lycopène réduisait les taux d’antigène prostatique spécifique (APS) sur une courte période (3 semaines à 5 mois).

 

 

En bref, les résultats nous servant de preuve sont actuellement insuffisants pour appuyer ou réfuter l’utilisation du lycopène dans la prévention du cancer de la prostate.

 

Que devons-nous retenir de tous ces résultats? 

Il faudra encore plusieurs études pour clarifier le rôle de la tomate et du lycopène dans la prévention du cancer de la prostate.


Le rapport du World Cancer Research Fund intitulé Food, Nutrition and the Prevention of Cancer: a global perspective indique que de 30 à 40 % de tous les cancers sont directement liés à ce que nous mangeons, à notre poids et à notre condition physique. Une consommation élevée de légumes et de fruits est reconnue comme contribuant à la prévention des cancers, dont celui de la prostate. 


Enfin, des auteurs suggèrent que les bienfaits soient attribuables à la teneur totale en divers antioxydants de la tomate et non au lycopène pris isolément. Une raison de plus de toujours privilégier l’aliment plutôt que le supplément!


Conclusion: Bien que les effets préventifs du lycopène ne soient pas prouvés, rien ne vous empêche d’intégrer la tomate cuite à une alimentation riche en légumes et en fruits! Vous serez gagnant sur toute la ligne!

 

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